21h30: récitation du chapelet à la nonciature de Dar-es-Salam. 14Par ailleurs, la TANU attendit des représentants des communautés religieuses chrétiennes et musulmanes quils soutiennent l ujamaa de manière inconditionnelle, aussi bien dans son versant social et économique que dans sa visée idéologique et nationaliste. Linjonction selon laquelle les organisations religieuses devaient jouer leur rôle Play your part appelait à leur engagement dans la construction nationale, cela dans les cadres imposés par l ujamaa. Cette injonction était principalement adressée aux représentants de lÉglise catholique. Comme le rappelle Sylvain Urfer, Nyerere, en catholique sincère, pousse les Églises à sengager plus en avant dans la tâche du développement, où il estime leur apport irremplaçable. Ceci sexplique pour deux raisons : les sociétés missionnaires étaient plus engagées dans la conversion spirituelle que dans la promotion du développement économique ou social des populations locales ; et elles bénéficiaient de larges soutiens financiers via leurs maisons mères, dont le nouveau gouvernement pouvait tirer avantage. Dans un discours tenu devant les membres de la Société Maryknoll à New York, en 1970, Nyerere développa lidée que les institutions de lÉglise devaient participer activement à libérer les hommes de toutes formes doppression. Cest dans ce combat que lÉglise trouverait sa raison dêtre dans le monde moderne, et quelle contribuerait à empêcher que le christianisme ne dégénère en un ensemble de superstitions. Il semble même que Nyerere aurait instamment demandé que les séminaires soient des lieux de formation à la doctrine socialiste, pour que la Tanzanie se dote de prêtres socialistes prompts à propager les principes fondamentaux de l ujamaa. Toutefois, malgré ces requêtes incessantes dune implication active de lÉglise, ladhésion chrétienne à lidéologie de lujamaa a été à géométrie variable, fonction des interlocuteurs et des circonstances. LÉglise catholique fut tout dabord portée à contribuer à leffort national dans les premières années qui suivirent lindépendance, où les remèdes recherchés au sous-développement rentraient dans le cadre dune économie capitaliste. Mais à la déclaration dArusha du 5 février 1967, charte des nouveaux principes socialistes, lÉglise devint réticente à jouer le rôle qui lui était assigné, tant les directions données à la nouvelle nation tanzanienne menaçaient de porter atteinte à ses biens fonciers et mettaient à mal son autorité et sa puissance financière, fruits de pratiques capitalistes anciennes. Au final, et malgré des oppositions ouvertes parmi les membres étrangers du clergé catholique, les religieux haut placés de lÉglise décidèrent pourtant de soutenir officiellement le socialisme à lafricaine. Comme le rapporte D. Westerlung, certains religieux ayant des fonctions politiques au sein de la TANU tentèrent même dassimiler le christianisme et l ujamaa, en arguant quils reposaient tous deux sur les mêmes valeurs, et tendaient vers les mêmes objectifs. Selon lui, on pourrait même parler dune tentative de christianisation de l ujamaa. Bref, comme le note F. Ludwig, in general, the churches followed the governments appeal to play their part and laid great emphasis on their duty to help in the process of building up the nation. They promoted unity, stability and harmony; open disagreements with political leaders were avoided. En contrepartie, il semble quelles purent obtenir des faveurs du monde politique, et de Nyerere en particulier. Mais le soutien demandé aux dirigeants des grandes instances religieuses allait aussi de pair avec le contrôle de leurs activités. Trois instances représentatives furent créées afin de faciliter ce contrôle : pour les chrétiens, la Tanzanian Episcopal Conference TEC, organisation catholique, et le Christian Council of Tanzania CCT, rassemblant les principales Églises protestantes luthériens, anglicans et moraves ; pour les musulmans, le Baraza Kuu la Waislamu Tanzania BAKWATA. Ce contrôle avait pour but déviter que les organisations religieuses engendrent de la contestation politique, ou favorisent les divisions religieuses à léchelle nationale. 7 La traduction de deux drames de William Shakespeare, Julius Cesar et Le marchand de Venise, a cont consulté le 11 juin 2020. URL : http:www.universalis.frencyclopediefonds-monetaire-international Sagissant des manifestations qui perdurent en Éthiopie et de létat de siège, Mme Merkel a insisté sur limportance de la démocratie et du dialogue : Nous sommes parfaitement disposés à aider lÉthiopie à progresser sur le chemin de la démocratie, à renforcer la société civile ainsi que les différents partis, dont ceux de lopposition. En outre, la chancelière a proposé lappui de lAllemagne pour former des forces de police, lobjectif étant délaborer des stratégies de désescalade. LÉthiopie, un pôle de stabilité 18h15: rencontre avec les représentants du clergé et des instituts 1 http:www.answers.comtopicbibi-titi-mohamedixzz1hhPmwTMZ Selon le titre de louvrage classique de Martin 1988. Consultez le site Internet de lespace Campus France près de chez vous 55 Cité dans Westerlund 1980a : 57. Lhistoire a montré combien il est désastreux de mélanger pol Les compagnies aériennes qui desservent Zanzibar depuis Dar Es Salaam sont les suivantes: Fidèle à lesprit de cette déclaration, Nyerere suit une politique de développement autocentré, qui limite laide internationale.Il nationalise les principales industries et sociétés de services, augmente les impôts pour financer des politiques sociales.Enfin il lance une grande réforme agraire. 10Les pratiques contemporaines de réinvention dune figure immaculée, impulsées par le pouvoir, se greffent sur le travail de production dun imaginaire national entamé pendant la période socialiste. Sans présenter en détail les travaux de science politique bien connus sur le socialisme à lafricaine ujamaa en swahili quinaugura la Déclaration dArusha en 1967, trois ans après la formation de la République unie de Tanzanie, et qui guida le pays pendant près de vingt ans, il convient de rappeler ici les différents ressorts qui furent activés pour faciliter ladhésion de la population aux principes socialistes et ainsi contribuer à linvention dune culture politique nationale. Il sagit pour cela de puiser dans les principes religieux et humanistes à portée universelle, davoir recours au pouvoir unificateur du partage dune même langue sur tout le territoire, ceci par ladoption du swahili comme langue nationale et langue denseignement, de revendiquer des racines africaines, réelles ou imaginaires, de la tradition, de lentraide coutumière et de la solidarité intrafamiliale, qui avaient été fragilisées par le colonialisme, et enfin de sappuyer sur les aspirations au changement que lindépendance avait exacerbées par une insistance répétée sur les valeurs de liberté, dégalité et de justice. Les arts et la culture furent mis à contribution pour diffuser le message socialiste. La promotion des spectacles de danses et de tambours ngoma fut justifiée par un retour aux sources culturelles précoloniales, et favorisa la popularisation des valeurs de la nouvelle nation. Ces valeurs sincarnèrent par ailleurs dans des mesures politiques, sociales et économiques fondées sur la participation de tous au développement du pays. Lexploitation rationnelle des ressources nationales, par la propriété commune des moyens de production, devait assurer un bien-être généralisé et lautosuffisance du pays kujitegemea en swahili, traduit par lexpression compter sur ses propres forces. Lappropriation privée des moyens de production était présentée comme la pire figure de lexploitation de lhomme par lhomme. Les mesures économiques et sociales qui furent mises en œuvre reflétaient ces fondements moraux de ce socialisme à lafricaine. Dans le secteur rural, la politique dite de villagisation fut adoptée pour placer les moyens de production dans les mains des paysans et assurer lamélioration des services sociaux. Elle consistait concrètement dans le regroupement des populations au sein de villages communautaires de production agricole, les villages ujamaa. Dans les secteurs industriels, commerciaux et bancaires, un vaste programme de nationalisation fut opéré à partir de 1967. La nationalisation des entreprises privées et des sociétés coopératives de commercialisation précéda de peu celle des biens immobiliers privés puis des grandes plantations commerciales. Enfin, sur le plan social, le gouvernement et le parti sattachèrent à réformer le système éducatif pour ladapter aux exigences de la vie villageoise et rurale, et faciliter lenseignement pour les adultes. Laccès aux services sociaux de base eau potable, écoles, dispensaires, gratuits, fut généralisé. L ujamaa se présenta donc comme un modèle de socialisme spécifique à lAfrique, troisième voie entre les deux modèles économiques et politiques de lépoque, le libéralisme occidental et le communisme de type soviétique.
Mai 2012 : membre de la mission dobservation électorale de lUnion Européenne au Lesotho You have reached your viewing limit for this book.
21 Lannée de baptême de Nyerere varie selon les auteurs ; 1942 chez Assensoh 1998, p.119, 1943 che Désolés, il faut que nous nous assurions que vous nêtes pas un robot. Pour obtenir les meilleurs résultats, veuillez vous assurer que votre navigateur accepte les cookies. 19h35: rencontre avec le corps diplomatique à la nonciature de Kigali Halbwachs, M. 1994 1925. Les cadres sociaux de la mémoire. Paris : Albin Michel. 13h15: cérémonie dadieux à la Tanzanie et discours du pape à laéroport Le 5 février 1967, la Déclaration dite dArusha faite par le président Julius K. Nyerere proclame la doctrine du socialisme à lafricaine. Ce socialisme, troisième voie originale qui rejette le capitalisme mais séloigne de la doctrine socialiste orthodoxe des pays communistes, repose sur la défense des valeurs de solidarité et dentraide coutumière à lafricaine. La propriété commune des moyens de production, le respect des décisions communautaires et lobligation morale de travailler sont les fondements principaux de cette voie de développement Duggan Civille 1976 ; Coulson 1979 ; Batibo Martin 1989 ; Martin 1988.
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